Des minorités plus visibles : réflexions d’auteurs jeunesse

samedi 18 avril 2015, par Michèle Bacholle-Boškovi

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En 1983, de nouveaux acteurs sociaux entraient sur la scène médiatique française, marchant pour l’égalité et contre le racisme. Le mot « beur » s’installait dans le vocabulaire courant ; les banlieues commençaient à faire parler d’elles, non tant par la violence des années à venir, mais dans ce qui allait s’imposer sous l’étiquette « littérature beure », une voix autre, inspirée par des situations « sociales et spatiales périphériques ». Cette littérature exprimait d’abord un malaise identitaire. Les écrits dits « post-beurs » ou des « écrivains de banlieue » des dix dernières années disent le malaise des banlieues, le racisme, la violence, la haine qu’éprouvent les jeunes des cités. Alors que les Beurs et les minorités devenaient plus visibles en littérature générale, au cinéma, à la télévision et dans la musique, la littérature jeunesse ne demeura pas en reste. Au fil des ans, les illustrations laissèrent apparaître des enfants « autres » (d’origine maghrébine, africaine, asiatique) au milieu des petites têtes blondes. Des auteurs de littérature générale, tels Azouz Begag, Gisèle Pineau, Marie Ndiaye, Tahar Ben Jelloun se tournèrent vers le public jeunesse. Les auteurs de littérature jeunesse exprimèrent de façon plus ou moins ouverte, avec sérieux ou avec humour, une réalité sociale de plus en plus présente dans l’actualité. Ainsi au début des années 1990 Jeanne Benameur écrivit Samira des Quatre- Routes en réponse à « l’aggravation du problème posé par la double culture, aggravation très lourde pour les filles en particulier en milieu maghrébin ». Plus récemment, Jean Molla, dans Djamila, dénonce, avec beaucoup de tact et d’émotion, la violence faite à l’encontre des filles dans les cités, violence qui a motivé la création en 2003 de l’organisation « Ni putes ni soumises ». Dans Couscous clan, Guillaume Guéraud fait dire à un de ses personnages que les meilleurs films « sont ceux qui nous regardent autant qu’on les regarde… Ça doit être aussi valable pour les livres ! […] Ces mensonges permettent parfois de nous faire toucher la vérité de plus près ! ». C’est cette vérité que dévoile par exemple Brigitte Smadja dans Il faut sauver Saïd ; elle y tire le signal d’alarme d’une institution scolaire à la dérive. Lieu d’apprentissage – et de questionnement identitaire, comme dans le roman de Belghoul – l’école est devenue un lieu de lutte et de survie.

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par Michèle Bacholle-Boškovi

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