La politique et ses violences


Thèmes : violence

Date de parution : mars 2014

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Aujourd’hui, la politique, entendue au sens large, expose ses divers acteurs à plusieurs types de violence. Pour les citoyens, il y a un apprentissage de la démocratie à mener pour parvenir à composer avec ce qui peut parfois apparaître comme un « despotisme de la majorité » (Tocqueville) et la confrontation de ses idées avec d’autres, différentes, sans être une violence, peut faire violence. Entre les personnages politiques, il y a aussi une violence afférente au pouvoir, comme enjeu d’une conquête et d’une conservation, qui doit permettre d’œuvrer à un bien commun mais qui porte le risque de n’être recherché que pour lui-même. Violence des mots, parfois des idées – à l’effet quasi immédiat lorsqu’ils transitent par les réseaux sociaux – et qui appelle riposte, provoque des surenchères, lesquelles peuvent se répercuter entre militants, voire entre citoyens.

Dans les pays soumis à des régimes autoritaires, la violence prend encore diverses formes : celle de la pensée unique, de la restriction de libertés, par la censure, le contrôle des moyens de communication et d’information, mais aussi par recours à l’état d’urgence – qui a duré plusieurs décennies en Egypte. On en rencontre dans le détournement de la justice, la nature des condamnations, la violence peut être personnalisée par un despote, qui en use pour renforcer son pouvoir par la terreur – tout en la niant par une propagande qui le présente comme aimable (le « Cher dirigeant » en Corée du Nord).

Elle se trouve également déclinée dans les relations internationales, comme les paradigmes réalistes et néoréalistes en esquissent les profils : dans la mesure où il n’existe pas entre les pays d’équivalent à ce qu’est l’Etat pour les citoyens, chacun des acteurs étatiques est amené à œuvrer pour sa sécurité, à développer son influence, au niveau stratégique comme économique. Il y a peut-être ici encore une violence à devoir, parfois, mener une realpolitik qui sacrifie des valeurs sur l’autel d’intérêts divers et conduisent à de troublants partenariats.

Plusieurs questions et problématiques peuvent venir orienter la réflexion :

    • * Faut-il chercher à résorber toute violence touchant aux réalités et aux enjeux politiques ? Y a-t-il une (des) forme(s) de polemos qui puisse(nt) servir les débats ? ;
      * La polymorphie de ce qui est violence et de ce qui fait violence dans le débat et/ou la vie politique en général ;
      * La violence en politique est-elle la cause d’une violence sociale ou le reflet de cette dernière ? ;
      * La violence dans les relations internationales, parfois la diplomatie ;
      * La manière dont les médias / réseaux sociaux peuvent parfois dénoncer, parfois être le support de violence ;
      * La question de la vie privée pour ceux qui s’engagent et exercent des responsabilités politiques ;
      * La posture apolitique, parfois revendiquée par certaines personnes, traduit-elle une lassitude, un désintérêt de la chose publique, causé par ce que la politique donne à voir aujourd’hui, ou bien traduit-elle une nouvelle aspiration à un débat démocratique renouvelé ?
  • Les propositions d’articles devront être adressées à Emmanuel Nal pour le 30 mai 2014, avant d’être transmises au comité de lecture de la rédaction pour évaluation. Les propositions détaillées comporteront un maximum de 5000 signes (espaces compris) et seront accompagnées d’un projet de plan et d’une bibliographie indicative. Les articles définitifs, d’une longueur maximale de 35 000 signes, sont attendus pour début septembre 2014.

    Afin de permettre un traitement plus rapide des manuscrits, merci de joindre, sur un fichier distinct, une brève présentation biographique de l’auteur et ses coordonnées. Des informations supplémentaires sur le format des contributions et la revue Raison publique sont disponibles sur cette page

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