Ludovic Chevalier (dir.)

Le Politique et ses normes. Les débats contemporains en philosophie politique

Une critique de Naïma Hamrouni

Thèmes : Histoire des idées

Date de parution : 13 avril 2010

Editeur : Presses Universitaires de Rennes
Collection : L’univers des normes
ISBN 10 : 2-7535-0301-X
Nb. de pages : 202 pages
Prix : 15 euros

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Référence : Critique publiée dans Raison publique, n° 8, avril 2008, pp. 181-187.

- Ludovic Chevalier (dir.), Le Politique et ses normes. Les débats contemporains en philosophie politique, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, « L’univers des normes », 2006, 202 p.

Cherchant à constituer un point de rencontre entre deux traditions de recherche en philosophie depuis longtemps conçues comme diamétralement opposées, l’une continentale, l’autre analytique, l’ouvrage collectif Le Politique et ses normes, signé par quatorze jeunes chercheurs prometteurs, propose une lecture de fond de divers débats contemporains se disputant sur la scène de la philosophie politique actuelle. L’espace restreint ici imposant un certain rythme, nous proposons un compte-rendu de l’ouvrage qui prend la liberté de rompre avec l’ordre initial de présentation des articles. Cette stratégie nous donnera l’aisance nécessaire à la présentation de huit contributions qui nous paraissent être en même temps les plus représentatives de l’ensemble de l’ouvrage et les plus significatives. Si l’ouvrage honore bien sa prétention d’allonger les ponts d’un dialogue entre philosophies analytique et continentale, ce sont toutefois des articles s’inscrivant dans un sillon de recherche analytique qui ont retenu notre attention ici.

La contribution originale de S. Caré veut mettre en évidence l’articulation de la philosophie politique libérale de F.A. Hayek autour d’un postulat épistémologique fondamental. Caré présente dans un premier temps en quoi la thèse épistémologique de Hayek (proposant un « vrai » individualisme méthodologique) s’élève sur la base d’une philosophie de l’esprit ayant déclaré l’impuissance de l’esprit humain à déterminer les règles administrant la société. L’auteur montre dans un second temps en quoi la conjonction de ces thèses épistémologiques et psychologiques mène Hayek à défendre une philosophie politique qui vient redéfinir le libéralisme sur la base d’un critère épistémologique. En combinant le critère de démarcation éthique classiquement employé pour distinguer les thèses déontologiques du libéralisme des thèses téléologiques du communautarisme, à un critère discriminatoire épistémologique, on peut désormais isoler, à l’intérieur même de la grande famille des libéralismes, la tendance non-rationaliste (Hayek) héritée des Lumières écossaises, de la tendance contractualiste-rationaliste (Rawls) héritée des Lumières françaises. Cette démarche permet à Caré de dresser une toute nouvelle typologie tout à fait originale qui distingue contractualisme (Rawls), utilitarisme (Mill), « vrai libéralisme » (Hayek) et communautarisme (Walzer), ce qui laisse présager l’ouverture de nouveaux débats qui incluraient désormais une pensée jusqu’ici complètement ignorée, la philosophie hayékienne libérale, i.e. non-rationaliste. La pensée de Hayek étant effectivement boudée par la philosophie politique, à ce stade, il aurait été profitable que S. Caré nous informe des possibles implications de l’application d’une perspective libérale hayekienne au traitement d’enjeux politiques contemporains, qu’il en étaie la supériorité par rapport aux théories de Rawls ou Walzer par exemple.

S’inscrivant également dans un champ de recherche on ne peut plus analytique, la contribution de F. Tarrit parcourt l’œuvre d’auteurs tels que Cohen, Roemer et Elster, unis par leur commun rejet de la méthode dialectique, et qui, selon des critères épistémologiques distinguant la théorie de la doctrine, proposent la reconstruction du marxisme sur des bases non plus dialectiques, durement discréditées par la critique poppérienne, mais analytiques. En proposant une lecture du matérialisme historique à partir des méthodes de la philosophie analytique et du positivisme logique, Cohen se serait imposé en tant que précurseur et chef de file d’un marxisme analytique, dit « sans foutaise », remettant d’emblée en cause les redevances de Marx à l’hégélianisme. Traçant dans un premier temps les grandes lignes de l’interprétation anti-hégélienne et post-althussérienne que donne Cohen du marxisme, Tarrit enchaîne sur les innovations théoriques de ce courant redevable de l’approche post-positiviste endossée par Roemer et Elster. L’intérêt entourant cette contribution est qu’elle se veut avant tout une réflexion sur l’effective possibilité d’une telle interprétation de l’œuvre de Marx sur la base d’une philosophie analytique, dépouillant le marxisme de ses utopies. En effet, quelle est la plausibilité d’employer la théorie du choix rationnel comme outil de critique anticapitaliste, alors qu’elle fut traditionnellement employée pour justifier le capitalisme ? L’élaboration du marxisme analytique ayant naturellement entraîné Cohen vers le développement de théories politiques situées davantage du côté de « l’égalitarisme », il aurait été enrichissant que l’auteur nous entretienne brièvement des relations entre marxisme analytique et égalitarisme.

Comme en témoignent les polémiques actuelles stimulées par la récente contribution de Rawls au sujet du statut de la théorie idéale en philosophie politique, une certaine tension persiste effectivement entre le discours abstrait sur les valeurs et les principes d’une part, et l’analyse concrète des mécanismes institutionnels d’autre part. C’est en partant de la critique rawlsienne de l’utilitarisme (mettant en cause son trop haut degré d’abstraction par rapport à la réalité sociale) que P. Turmel suggère, dans sa contribution, une interprétation de ce qui aurait motivé Rawls à s’approprier la fameuse « thèse de la primauté des institutions » (thèse qui se fonde sur l’idée réaliste selon laquelle les institutions d’une société donnée doivent servir de point de départ à toute réflexion sur la justice). Selon lui, en intégrant les circonstances contextuelles de la justice à l’intérieur même du champ normatif au lieu de les écarter sous prétexte qu’elles ne représenteraient que des problèmes de mise en œuvre, Rawls aurait adopté une stratégie que les économistes Lipsey et Lancaster nomment un « optimum de second rang » (second best). Cette stratégie veut qu’en l’absence de circonstances parfaites, il soit stratégiquement préférable de se tourner vers l’adoption du « moindre mal » (p. 120). Selon Turmel, ce serait dans une perspective qui, ne voulant plus être dupe de la réalité, ne tient plus dans l’ombre les écueils auxquels nous confronte la pratique quotidienne (le fait qu’il n’existe pas qu’un seul bien convoité de la même manière par tous, que certains individus agissent dans leur propre intérêt contre l’intérêt collectif, etc.), que Rawls aurait conçu comme préférable l’idée d’établir un système équitable de coopération sociale au sein duquel chacun peut librement poursuivre le plan de vie rationnel qu’il s’est lui-même fixé.

Il est vrai que la plupart des approches politiques, sociologiques et économiques privilégient d’entrée de jeu une approche réaliste selon laquelle les grands principes ne sont que trop souvent d’aucune façon pertinents et constituent même dans certains cas une véritable entrave à l’analyse et à la compréhension de la politique. Inversement, d’autres penseurs discutent les valeurs politiques en soustrayant complètement de leur réflexion le rapport avec la réalité concrète des mécanismes institutionnels. Selon E. Picavet toutefois, il convient plutôt de mettre en relation les développements des théories de la philosophie politique et les enjeux politiques issus de la pratique, plutôt que de tenir en opposition l’idéal et la réalité. C’est par ailleurs ce que l’auteur entend faire lorsqu’il explicite, dans sa propre contribution, les liens existant entre l’étude de la décision et certaines questions pratiques et substantielles qui voient le jour dans les analyses de la vie publique en termes de désaccord et de compromis.

Manifestement, sonder l’opposition entretenue entre l’« abstraction du modèle théorique et la réalité effective du politique » (p. 108) représente un grand intérêt pour plusieurs. La contribution de L. Chevalier n’échappe pas à cette tendance. La perspective déontologique de Rawls et l’approche néo- hobbesienne du contrat social de Gauthier comptent parmi les contractualismes contemporains usant des outils conceptuels et méthodologiques de la théorie du choix rationnel. Pourtant, à travers ces théories en principe conçues comme anhistoriques transparaîtraient à divers degrés certaines dimensions empiriques. Telle est du moins la thèse que Chevalier défend dans son article. En vue d’étayer cette position, l’auteur caractérise la part du raisonnement qui est accordée à l’historicité aussi bien dans la méthode procédurale de Rawls que dans la méthode déductive à partir de la raison strictement instrumentale de Gauthier. Il met ainsi en relief, dans la Théorie de la Justice, un dualisme procédant conjointement d’un travail a priori de fondation des deux principes de justice et d’une réflexion ayant trait aux conditions empiriques de la réalisation d’un équilibre réfléchi. Nous ayant dessiné le portrait d’une œuvre rawlsienne traversée par une tension omniprésente entre l’idéal théorique et la réalité effective du politique, l’auteur montre ensuite que l’entreprise de fondation purement rationnelle chez Gauthier peut aussi être mise en cause. L’hypothèse de lecture fort originale suggérée par Chevalier ferait indéniablement émerger une dimension empirique du pacte social que Gauthier s’efforçait pourtant de diluer au profit d’une conception strictement rationnelle et individualiste. Enfin, ces références à l’historicité dans les théories contractualistes devraient, selon Chevalier, être pleinement assumées dans la mesure où elles n’interfèrent pas négativement avec leurs dimensions rationalistes, mais se placent au contraire au service d’un raisonnement plus abstrait afin d’élever plus solidement les bases fondationnelles des théories politiques.

Dans la plupart des philosophies libérales fondées sur la théorie du choix rationnel, l’on croit faire preuve d’un souci pragmatique en pensant effectivement la société comme un regroupement « d’individus intéressés à maximiser leurs gains » (p. 151). L’on conçoit ainsi par exemple que, dans leurs prises de décisions, les agents sont généralement plus motivés par des incitatifs confortant leurs intérêts privés. À l’encontre de cette idée d’une transformation des motivations qui serait exclusivement engendrée par le choix rationnel, le néo-républicanisme de Philip Pettit vient redorer le blason du républicanisme des Anciens en spécifiant que les « individus n’étant pas justement de purs opportunistes, ils sont également sensibles à un ensemble de considérations non-égoïstes (ex. : le désir d’estime de la part d’autrui) générateur de coopération » (p. 151). Dans sa contribution tout simplement rafraîchissante, D. Anctil s’intéresse à cette perspective néo-républicaine de Pettit. Il esquisse d’abord dans les deux premières parties de son article une généalogie de la démarche anti-contractualiste chez Machiavel et Rousseau. C’est ensuite à partir d’une réflexion critique à l’endroit du paradigme contractualiste qu’Anctil défend avec ton et vigueur, dans la dernière section de son article, les forces méthodologiques de la démarche anti-contractualiste du néo-républicanisme défendu par Pettit. Employant une méthodologie holiste, amalgamant des variables psychologiques, sociales et morales, Pettit aurait, selon Anctil, dégagé un horizon de recherche novateur qui, plutôt que d’accoler la théorie idéale à la réalité, inviterait à dresser des ponts interdisciplinaires en vue de comprendre de l’intérieur la complexité réelle du vivre-ensemble. Cette méthode représenterait selon Anctil une alternative de premier choix au contractualisme de Rawls ou de Gauthier qui, ayant abandonné la difficile tâche d’explication des motivations des agents aux mains du théoricien du choix rationnel, attribue aujourd’hui un poids exagéré à certaines motivations rationnelles-égoïstes et sous-estime les motivations d’ordre altruiste. Notons au passage que cette idée intellectuellement attrayante est aussi défendue dans la contribution de B. Dubreuil. La vie publique politique, soutient-il, n’est pas seulement le lieu de compromis et de calculs stratégiques, elle constitue aussi un espace de justification fondée sur de « bonnes raisons », un lieu d’intercompréhension réciproque qui ne serait que difficilement réductible à la simple adjonction d’intérêts privés. Si l’étude de cette perspective est d’un intérêt certain, nous pourrions cependant critiquer la lecture du libéralisme rawlsien donnée par Anctil. Toute perspective républicaine critique le libéralisme ainsi que la théorie de la démocratie de Rawls en tant qu’elle représenterait un « fondationnalisme des droits » posant des contraintes illégitimes à la souveraineté populaire. D. Anctil néglige cependant de mentionner que la théorie républicaine qu’il défend laisse aussi entrevoir la possibilité d’un dérapage vers une tyrannie, celle de la majorité cette fois-ci. La seule exigence de respect des procédures démocratiques ne garantit ni la justesse des résultats, ni le caractère raisonnable, juste et égalitaire des décisions majoritaires. Une interprétation différente de la théorie de la démocratie « dualiste » rawlsienne qui lui rendrait davantage justice, montrerait qu’il est possible de combiner exigences procédurales et exigences substantielles, et que cela constitue en fait une alternative des plus judicieuses.

Nos sociétés démocratiques marquées par ce que Rawls a nommé le « fait du pluralisme raisonnable », nous obligeant à cette forme nouvelle de vivre- ensemble qu’est le multiculturalisme, exigent des diverses théories politiques qu’elles soient en mesure de caractériser le mode de citoyenneté idéal. Dans sa contribution, D. Lefrançois met en relief les forces et les faiblesses conceptuelles des conceptions libérales et républicaines de la citoyenneté en vue d’apprécier, en dernière instance, la supériorité de l’approche démocratique délibérative élaborée par Habermas. Lefrançois propose une approche « dialogique » de la formation civique posant des exigences pédagogiques à la fois procédurales et discursives correspondant aux conditions communicationnelles constitutives d’une conception délibérative de la citoyenneté. Cette nouvelle optique privilégie la mise en œuvre d’une approche éducative qui offre à l’étudiant non seulement un pouvoir de participation, mais de surcroît, le pouvoir d’influencer à sa juste mesure l’itinéraire de la société dont il est partie prenante. Ces nouvelles perspectives dégagées par l’auteur, dont on pressent déjà l’immense potentiel, découvrent ainsi la possibilité de conférer à l’élève un statut qui transcende le seul statut de « futur citoyen, un statut qui en fait déjà un « citoyen scolaire ». Cette contribution, empreinte d’un souci nettement pratique la distinguant des autres articles, réserve par ailleurs ses dernières pages aux implications éducatives de la perspective habermassienne privilégiée par son auteur. Elle permettra en outre d’établir, éventuellement, une critique de la situation actuelle en matière d’éducation à la citoyenneté, ce qui est digne du plus vif intérêt.

Bien représentative de la tendance à l’interdisciplinarité caractérisant bon nombre des articles rassemblés ici, la contribution aussi claire que brillante de K. Wurtz déblaie une voie d’investigation qui, en éthique internationale, vise la résolution des difficultés remarquables soulevées par l’imputation des crimes de guerre. Deux choses viennent effectivement complexifier cette problématique : d’abord, le fait que la plupart des actions participant des crimes de guerre sont collectives ou hiérarchisées ; ensuite, la qualification du crime de guerre « comme un crime moral avant d’être un crime juridique » (p. 189). Les circonstances exceptionnelles entourant ces crimes venant suspendre les conditions de validité de la plupart des concepts et méthodes du droit, il serait justifié de croire, selon l’auteure, que les théories morales de la responsabilité seraient en mesure de combler les insuffisances du droit pénal international. Wurtz ébauche ainsi, parallèlement aux distinctions juridiques, des distinctions morales au niveau de la responsabilité qui pourraient parer aux manquements des théories du droit dans la détermination du lien de causalité et dans la définition de l’intention coupable, et permettraient ainsi de penser de manière plus systématique l’imputabilité des crimes de guerre tant au niveau individuel d’attribution des actes qu’au niveau collectif de pertinence de la sanction.

S’adressant difficilement à un lecteur non-initié, l’ouvrage collectif Le Politique et ses Normes, riche, substantiel et très sérieux, laisse déjà présager la dissolution éventuelle d’un contraste exagéré entre philosophies analytiques et continentales. L’ouvrage fait état de la grande fécondité et de la qualité, non surprenante, des recherches poursuivies par les jeunes philosophes de la génération montante. Au terme de notre lecture, nous restons cependant avec l’impression que certains courants majeurs en philosophie politique, le féminisme ou la Théorie Critique par exemple, dont il est pourtant difficile de ne pas apprécier l’envergure et le potentiel d’analyse, ont été ignorés. La Théorie Critique, courant d’actualité pourtant en pleine effervescence, n’est aucunement abordée alors qu’elle représente probablement le champ de recherche faisant déjà tout naturellement le pont entre les traditions analytique et continentale.

Les enjeux politiques actuels invitent à une réactualisation de théories ayant fait leurs preuves, ce cheminement rendant corrélativement nécessaire le développement de réflexions critiques en ce qui concerne les différentes méthodologies employées. Cette réflexion critique est prodigieusement réalisée ici. La philosophie politique comme discipline normative ne limite toutefois pas son intérêt au débat de fond concernant la méthodologie à utiliser, bien que cela soit inévitable dans un premier temps. Elle cherche surtout, dans un second temps, à développer des perspectives normatives à la lumière desquelles évaluer les réalités institutionnelles, des théories à partir desquelles dériver des implications pratiques novatrices, en vue de critiquer l’ordre social en place, saisir la réalité sociale dans toute sa complexité, la soulager de ses pathologies, de ses malaises. L’ouvrage, dans son ensemble, fait toutefois l’impasse sur les problématiques réelles dont on traite pourtant quotidiennement en philosophie politique : l’aménagement de la diversité culturelle et religieuse, la configuration d’un meilleur vivre ensemble au sein de nos démocraties pluralistes, le morcèlement de la société et la désolidarisation, la montée actuelle de ce phénomène de « narcissisme des différences mineures », la toujours-plus-grande ghettoïsation implicitement cautionnée par la république, les manifestations de violence et d’intolérance, les marginalisations et discriminations, l’impérialisme culturel et la mondialisation économique, l’inefficacité de certaines mesures de redistribution à l’échelle nationale, l’absence de ces mesures à l’échelle internationale, les risques auxquels nous expose l’autonomisation des multinationales et l’affaiblissement de la souveraineté étatique, et ainsi de suite. Qu’a à dire la philosophie politique sur ces enjeux, que dénonce-t-elle, que revendique-t-elle, comment procède-t-elle pour formuler des solutions viables ? Mises à part les contributions de Lefrançois et de Wurtz, dont on peut particulièrement apprécier la clarté et le style analytique, il est difficile de saisir la portée pratique potentielle des autres contributions. Ne serait-il pas emballant de pouvoir lire une suite à cet ouvrage, portant cette fois sur « la philosophie politique et sa portée pratique » ?

Une critique de Naïma Hamrouni

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