Raison publique N° 16

Complot et terreur. Imaginaires politiques de la peur


Date de parution : octobre 2012

Format : 15,5 x 21 cm
Nombre de pages : 292 p.
ISBN : 978-2-7535-2018-9
Disponibilité : 1er octobre 2012
Prix : 14,00 €

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Chaque époque aurait ses peurs, chaque peur ses époques… Bien loin de décourager l’analyse, le caractère protéiforme de la peur nous invite à un double mouvement : resserrer le champ de la réflexion et déployer le registre des moyens par lesquels on l’investit. C’est ce que Raison publique se propose de faire ici, en explorant ces deux figures centrales des imaginaires politiques de la peur que sont le complot et la terreur. Nous le savons, l’époque contemporaine associe souvent les deux ; l’exemple archétypique des peurs que suscite la crainte des complots terroristes le montre bien. Notre approche n’est pourtant pas celle-là. La richesse de sens que comprennent ces deux notions est telle qu’il nous aurait semblé réducteur de les appréhender dans les seules relations qu’elles peuvent entretenir. Elles ne sont en effet pas exactement du même ordre.

Derrière tout fait qu’elle jugera significatif, la pensée conspirationniste cherche des nécessités, des desseins, et traque le hasard, la contingence. Derrière les torts possibles, réels, imaginés ou craints, le croyant en la réalité du complot le postule : il y a, à l’œuvre et à la manœuvre, une intention mauvaise, dissimulée qui s’organise et attend son heure… Il se fait peur et se rassure en même temps. Il convoque toutes les puissances de l’imaginaire et de l’imagination pour dénommer et figurer l’adversaire. Pour surmonter parfois d’autres inquiétudes, d’autres effrois plus souterrains, il projette un ordre et un sens sur ce qui le menace. La terreur opère différemment. Active et passive, elle s’éprouve et s’inflige. A tel point que, par l’usage d’un même mot, on ne distingue pas l’état affectif de ce qui peut s’apparenter à une véritable politique. Penser pour elles-mêmes ces notions, en interroger les significations contemporaines et passées, c’est ainsi se donner une chance de ne pas laisser échapper ce qu’apporte en propre leur articulation. Que se passe-t-il quand le complot et la terreur tendent à se faire culture, qu’ils nourrissent et enflamment nos imaginaires politiques et sociaux ? Tel a été notre point de départ.

Sommaire

Le complot dans l’imaginaire politique contemporain
Aurélie Ledoux, Introduction

Jean-Philippe Schreiber, Le complot entre rhétorique théologique et rhétorique politique
Emmanuelle Danblon et Loïc Nicolas, Rhétorique et topique de la conspiration
Arnaud Rosset, Théories du complot ou théories globales : tracé d’une frontière épistémologique
Gérald Bronner, L’effet « Fort » et les damnés du mythe du complot
Olivier Dard, Le complot, moteur de l’histoire dite « secrète »
Frederico Tarragoni, Conspirationnisme, anti-impérialisme et nouveau populisme : comment les « théories du complot » politisent le social au Venezuela de Chávez
Pierre-André Taguieff, Réflexion sur la pensée conspirationniste

Imaginaires de la terreur
Philippe Zard et Frédérique Leichter-Flack, Introduction

Luba Jurgenson, La grande Terreur vue au travers d’un journal intime
Annie Epelboin, Mémoire de la terreur, mémoire terrifiée
Catherine Coquio, La terreur d’imaginer : Zabel Essayan, Hagop Oshagan
Gérard Gengembre, Le roman contre-révolutionnaire de Balzac à Anatole France : quelques remarques sur la mise en fiction de la Terreur
Antoine de Baecque, Robespierre au cinéma

Questions présentes
Pierre-Yves Néron, Coopération, compétition et moralité : la main invisible du marché et la division du travail moral
Roger Fjellstrom, L’obscurité, face cachée de la vie morale

Grand angle
Laurence Kaufmann, Agir en règle. Le pari grammatical de la sociologie pragmatique à l’épreuve de la critique

Critiques

Peggy Cordon-Tessier, "Destinées contemporaines du concept de vie" – à propos de : Joëlle Vailly, Janina Kehr & Jörg Niewöhner (dir.), De la vie biologique à la vie sociale. Approches sociologiques et anthropologiques, Paris, Éditions La Découverte, coll. « Recherches », 2011.

Jean-Baptiste Mathieu, "Soi-même par les livres" – à propos de : Marielle Macé, Façons de lire, Manières d’être, Paris, Gallimard, coll. « Essais », 2011.

Marlène Jouan, "Penser la « banalité du mal radical » avec et contre Arendt" – à propos de : Nicolas Grimaldi, L’Inhumain, Paris, PUF, coll. « Perspectives critiques », 2011.

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