La web-intimité

jeudi 31 mai 2012, par Nicolas Thély

Thèmes : Intimité

Version imprimable fontsizeup fontsizedown

Humanités numériques

Internet et la révolution numérique ébranlent les sciences et les disciplines académiques, bouleversent leurs manières de penser et de concevoir leurs objets d’étude. Philosophie et esthétique sont tout particulièrement déstabilisées par l’irruption sur le réseau Internet de mondes anesthétiques, peuplés de productions sans qualités, qui déroutent le jugement esthétique et déplacent les théories de l’art vers des pratiques incertaines et diffuses. Elles sont contraintes de réfléchir elles-mêmes leurs propres déplacements tout en essayant de constituer un objet d’étude qui ne cesse de leur échapper : en effet, l’un des traits caractéristiques des pratiques en cours de constitution sur le Web est qu’elles ne s’achèvent jamais dans un art ou une activité générique parce qu’elles sont tributaires des innovations technologiques mises à disposition sur le marché des biens d’équipement audiovisuel et informatique.
Or la technologie a une incidence sur de notre manière d’être, de penser et d’agir : elle est révélatrice de notre époque. Par le truchement des pages personnelles, des salons de discussion et des webcams, Internet a, depuis une quinzaine d’années, littéralement propulsé l’espace domestique sur le Web. Promiscuité et isolement, présences à distance, identités plurielles et virtuelles : le rapport à soi et aux autres a changé d’échelle esthétique, conceptuelle et éthique. Comment penser ces bouleversements qui s’opèrent à chaque instant dans notre rapport au monde et aux autres ? Comment parler de quelque chose qui, au-delà du brouillage entre privé et public, peine à être identifié, peine à être nommé ?
Il ne s’agit pas de se lancer dans une folle course à la théorisation d’objets fugaces et incongrus et de pratiques superficielles et passagères, mais d’examiner comment la technologie, et plus précisément Internet et la révolution numérique, restructure continuellement notre environnement sensible et intelligible ; comment les algorithmes contribuent discrètement à organiser des modes de recherche, à modérer les formats d’expression et à capitaliser textes, photos et vidéos déposés par tout un chacun.
Dans ce contexte de redistribution du sensible, de l’espace commun, philosophie et esthétique doivent d’une part continuer d’exercer leur droit de regard sur les productions contemporaines artistiques ou pas et, d’autre part, contribuer à penser notre disposition au monde qui ne cesse d’être sapée, brouillée notamment par les technologies de l’information. Il serait même souhaitable que ces disciplines académiques se mettent officiellement à l’heure des humanités numériques (digital humanities). Il ne s’agit là nullement d’une nouvelle discipline, mais d’une manière contemporaine de penser les humanités à l’heure du numérique, prise de conscience et tournant épistémologique qui se sont constitués au moment même où le réseau Internet s’est ouvert au plus grand nombre et où le numérique est devenu un régime de fabrication et de distribution du savoir et de la culture [1].
La web-intimité est le fruit de cette approche. Ni concept ni notion, c’est une expression qui permet de décrire une autre dimension de l’intime et de notre manière d’être depuis le milieu des années 1990. Le parti pris de ce texte est de montrer comment tout en désignant un régime de perception qui se caractérise par la production et la diffusion de données personnelles, la web-intimité interroge notre présence au monde, notre engagement.

Panique morale

Depuis 1995, l’informatisation des pratiques amateurs apparaît comme un fait culturel majeur. Celle-ci se manifeste par la circulation sur le Web de productions photographiques, vidéographiques et textuelles qui restaient habituellement confinées dans la sphère privée, dépassant rarement le cadre du cercle familial ou amical. Ces productions, qui voient la part d’intimité de nos vies devenir un matériau exploité à travers des formes de faible valeur artistique, alimentent depuis une quinzaine d’années de nombreux discours propices à la panique morale.
Marqué par la prolifération des webcams, Paul Virilio dénonce ainsi à la fin des années 1990 le fait que tout un chacun soit en mesure d’être un délateur [2]. Exemple à l’appui, il évoque le cas de June Houston, une jeune américaine qui vit dans la crainte permanente de visites d’ectoplasmes dans son appartement et qui en appelle aux internautes pour veiller sur elle. Pour Paul Virilio, les webcams sont le prolongement sur le réseau Internet de la vidéosurveillance et, plus encore, elles marquent l’introduction de la surveillance généralisée dans les foyers. Dans un article publié dans la Revue d’esthétique, Jérôme Glicenstein opère quant à lui un jugement tout aussi emblématique de la panique morale en faisant directement le lien entre le monde des webcams et le monde carcéral : « Nous remarquons ici que les sites en question vont bien au-delà de la simple évocation du projet benthamien de panopticon et reconduisent littéralement l’assujettissement panoptique du prisonnier placé sous le regard d’un contrôle invisible, chaque internaute étant alors convié à occuper la position démiurgique du gardien-voyeur, tout en échappant au regard des personnes qu’il observe [3]. »
Parallèlement, le monde télévisuel s’est emparé des nouvelles pratiques initiées par la démocratisation des caméscopes et par l’irruption dans le paysage médiatique du Web. Des producteurs ont capté ces nouvelles images à faibles coups de production dans des programmes d’émissions composées de florilèges de situations gaguesques et grotesques. D’autres, dont John De Mol, ont inventé la téléréalité en imaginant des dispositifs scénographiques capables de créer artificiellement un commerce de comportements et de sentiments propres à la sphère de l’intime. Pour désigner ce « mouvement qui pousse chacun à mettre en avant une partie de sa vie intime, autant physique que psychique [4] », le psychanalyste Serge Tisseron a repris à son compte une notion très en vogue dans le champ de l’art (notamment à travers les œuvres de Sophie Calle) et de la littérature contemporaine (Michel Tournier [5]) : l’extimité. Il dénonce ainsi une intimité surexposée, c’est-à-dire obscène et déviante : « L’artiste partage avec le jeune enfant le privilège de pouvoir s’exhiber, nu, vêtu ou déguisé [6] », mais cette situation ne tient plus car avec le Web « chacun peut dévoiler des pans de son anatomie ou de ses pensées secrètes à des millions d’inconnus, ou bien jouer à cache-cache derrière un pseudonyme ou une identité d’emprunt [7]. »

Appareils d’enregistrement

Quand une personne dépose ses photographies, textes, ou vidéos sur le réseau, elle les dépose dans un espace public qui, aussi récent soit-il, est déjà extrêmement délimité et territorialisé : il se définit par ses zones commerciales (les sites marchands), ses espaces culturels (site d’informations et de savoir) et ses plateformes de partages de données (sites comme You Tube ou Dailymotion). Outils d’expression et de communication, l’ordinateur personnel comme le téléphone portable doivent être considérés comme les moyens de locomotion pour se déplacer sur le réseau. Ces appareils constituent la nouvelle panoplie des technologies du quotidien des ménages. En effet, chaîne hi-fi, magnétoscope, appareil photographique argentique et téléphone ont été remplacé par lecteur les MP3, DVD, caméscope, appareil photo numérique et autre téléphone portable capable de prendre des photos, d’enregistrer des séquences vidéos… L’ordinateur est devenu « l’objet premier » de cette nouvelle panoplie, truffé de logiciel de montage, de visionnage et forcément connecté à un graveur de DVD et au réseau Internet. Ces innovations technologiques sont célébrées à chaque instant avec la production tout azimut d’images et la circulation des données personnelles (photos, vidéo) qui nourrissent les blogs, les sites personnels, et les sites de vidéo, le Web étant naturellement envisagé comme un lieu de stockage et de partage de ces données. Mais ces appareils de vision et de télécommunication sont d’abord des appareils d’enregistrement : quand on prend une photographie, quand on utilise un logiciel de traitement de texte, quand on dépose des données sur un site, on procède à un enregistrement ; c’est là leur fonction principale, ils permettent de fixer, de conserver des sons, des images et des données.
Il est vrai qu’au premier abord ils semblent nous engager implicitement dans une activité d’observation de soi-même exigeant l’invention de formes d’archivage et de partage pour rendre accessible les données produites. Le monde sensible de l’Internet s’éprouve à la surface des pages Web, des blogs et des plateformes de partage de données, où l’inventaire s’affirme comme la procédure et la forme esthétique dominante structurant notre sensibilité et organisant notre pensée : elle produit des formes sympathiques – galerie, listes de lecture – où photos et vidéos cohabitent, pour elles-mêmes et par rapport aux autres.

Activités autoscopiques

Au-delà des millions de pages FaceBook ou MySpace qui constituent le panorama contemporain des pratiques du réseau où l’intime s’émancipe, pour comprendre comment se met en place la web-intimité naissante, on peut revenir dix ans en arrière et s’arrêter sur le cas d’une jeune hollandaise : Corrie Gerritsma. Cette trentenaire s’est lancée, en 1998, dans une entreprise dont elle ne mesurait peut-être pas alors la signification ni la portée. Elle a créé un site Internet personnel [8] dont l’activité principale est de diffuser les images d’une caméra installée dans son salon. Par effet de curiosité, d’engouement, la technologie a joué un rôle déterminant, pulsionnel qui l’a incitée à une activité autoscopique automatique qui donna lieu à la production d’images accessibles à toute personne équipée d’un ordinateur connecté au réseau Internet. Vue sur le salon 24h/24, galeries photo, journal personnel : les données visuelles et textuelles proposées aux internautes concernaient l’existence de la jeune femme. Chaque semaine, la jeune femme indiquait sous l’image diffusée par la webcam la mention « update news scrapbook  » : elle invitait ainsi les internautes à consulter son journal, c’est-à-dire à rester un peu plus longtemps sur son site pour prendre connaissance des informations, des détails et de sa vision personnelle de la semaine que les internautes avait déjà plus ou moins observés en la regardant de temps en temps. De manière originale, Corrie Gerritsma a su contrarier l’ennui inhérent au dispositif de la webcam domestique en multipliant les modes de communication, les points de vue offerts et les façons de paraître, sans basculer dans la pornographie ou l’exhibitionnisme. Elle est parvenue à se faire remarquer par une communauté d’internautes, à fidéliser celle-ci et à suggérer à ses observateurs les plus attentifs que sa pratique était moins naïve et neutre qu’elle ne le paraissait.
En effet, lorsque l’on consulte les albums reprenant l’ensemble des clichés diffusés par sa webcam, et notamment lorsque l’on consulte la rubrique Project 2000 (A Pic A Day), qui est un calendrier rétrospectif dont le principe consiste à illustrer d’une image chaque jour passé, on ne peut que se rendre à l’évidence : présente sur toutes les images, la jeune femme ausculte intuitivement ses penchants narcissiques et sa capacité de séduction. Chaque jour la webcam lui renvoyait une image différente, étonnement toujours plus satisfaisante, complaisante, que celle captée la veille… Au fil du temps, l’usage de la webcam lui a permis de mieux cerner sa personnalité tout en ayant une présence sur le Web : dans ses archives, toujours composées d’images fixes, de même que dans ses journaux personnels, illustrés par des images venant de sa webcam, la jeune femme a méticuleusement travaillé à la constitution d’un moi fragmenté qui n’a de sens que dans l’accumulation successive et chronologique des images captées. En 2004, le site de Corrie Gerritsma change de peau, il suit la mue du Web et devient un blog : le texte autrefois à la marge de l’image occupe désormais la place centrale de la page, l’image diffusée par la webcam devenant une petite vignette coincée en haut de page.

Présence diffuse

Présente chez elle, sur l’écran de son ordinateur et sur ceux des internautes qui la regardent, accessible dans les archives de son site, le sentiment d’existence de Corrie Gerritsma s’est enrichi grâce aux appareils d’enregistrement. Faisant l’expérience de la multiplication des points de vue, du retour de nombreux commentaires déposés par les internautes, la jeune femme a rapidement pris conscience de sa présence sur le réseau dont les effets lui reviennent instantanément aussi bien qu’ils lui échappent : comment accueillir les demandes déplacées de certains internautes qui réclament de la voir dénudée ? Que deviennent les images diffusées par sa webcam et archivées par d’autres internautes ou collectés par des robots ?
D’un point de vue esthétique et philosophique, on peut dire que le Web parachève ce qui se joue depuis l’invention de la photographie. Reprenant les remarques de Walter Benjamin dans La Petite histoire de la photographie qui insistait sur le fait que cette nouvelle invention a incontestablement modifié la conception même de l’événement et du fait vécu, Pierre-Damien Huyghe défend l’hypothèse « qu’il n’y a plus d’expérience vécue sans enregistrements [9] » . Loin d’être une provocation théorique consistant à réduire le champ de l’expérience à la fréquentation appareils d’enregistrement, le philosophe insiste tout particulièrement sur le fait que la conscientisation de l’expérience vécue s’est dédoublée : à celle de l’ancestrale ici et maintenant il ne faut pas oublier celle plus moderne, de l’ici et là. En effet, étant enregistrée, l’expérience vécue est potentiellement diffusable et sujette à d’autres regards, d’autres jugements et interprétations. Cette situation produite par l’usage et la fréquentation des appareils d’enregistrement contribue à déstabiliser en permanence le centre de gravité dans notre manière d’être et apparaît comme le ressort existentiel des manières de faire des internautes et des usagers des technologies du quotidien. Manifestant un rapport au vécu qui est étroitement lié à l’enregistrement et à la constitution d’archives, la web-intimité exprime à sa manière le bouleversement de la conception même du vécu et ses conditions. Il y a toujours quelque chose qui échappe et qui est propre au moment de l’enregistrement.

Être dépositaire d’expériences

Par-delà l’usage domestique de la webcam, la publication de pages personnelles, et l’édition de photographie et de textes, le Web instaure une relation paradoxale à l’autre qui définit l’un des ressorts de la web-intimité. D’un côté, des internautes qui s’adressent à d’autres internautes, sans précisément les connaître, et mettent leur à disposition des informations les concernant ; de l’autre côté, celles et ceux qui regardent, qui consultent les pages personnelles, deviennent dépositaires d’expériences, de tous ces moments de vie volontairement partagés. Il y a un nouveau regard critique qui s’instaure, un nouvel amateur qui n’est pas strictement en situation de recueillir des expériences, de les consigner, de les analyser, mais qui est au moins un témoin, parfois le principal, d’actions et d’expériences en train de s’accomplir. La web-intimité permet de penser une rencontre improbable et pourtant réelle entre des inconnus grâce au réseau Internet entre des personnes qui ignorent s’ils ont la moindre affinité au-delà de l’usage des technologies du quotidien et de la fréquentation du réseau Internet : les attentes de chacun ne sont pas les mêmes, de même que le champ de référence et le plaisir esthétique en jeu sont singulièrement différents. Ainsi, à de nombreuses reprises, surviennent d’étonnants malentendus : ainsi, le 3 février 2001 Corrie Gerritsma illustre une page de son journal personnel avec une carte postale représentant TV-Boudha, une sculpture vidéo de Nam June Paik. Corrie Gerritsma ne connaît ni l’artiste coréen ni la pièce de l’artiste datant de 1973, pièce maîtresse de l’art vidéo : « Ma mère m’a envoyé cette carte d’anniversaire. Elle l’a achetée au Stedelijk Museum à Amsterdam. C’est une photographie d’une œuvre de leur collection, TV-Buddha. Un bouddha est assis devant une télévision, sur laquelle il voit sa propre image. Une sorte de webcam art ! ». Comment ne pas se laisser amuser par cette interprétation très personnelle de l’histoire de l’art travaillée par les pratiques culturelles ? Comment ne pas se laisser hypnotiser par ces images fixes et muettes qui défilent sur l’écran de l’ordinateur toutes les quinze secondes (c’était jusqu’en 2004, le mode de diffusion dominant des images de webcam) et où rien ne se passe ? On a l’impression d’être devant un film d’Andy Wahrol, Sleeping (1963), sans que cela soit intentionnellement provoqué.

Sentiments accessoires

La web-intimité peut conduire à l’expérience d’un trop plein d’images, à une saturation d’images de soi et des autres, à une sensation de vide et de dégoût. Mais qu’adviendrait-il si l’on était privé de ce commerce, de ces images de soi et des autres ? C’est l’intrigue de La fille aux neuf doigts, roman [10] dans lequel Laia Fàbregas décrit la quête de deux sœurs, Laura et Moira, marquées par une singulière pratique familiale : interdisant tout usage d’appareil photo, leurs parents leur avaient enseigné l’art de prendre des clichés mentalement, puis de rédiger leurs impressions sur les pages blanches d’albums photographiques. La trentaine passée, les deux sœurs ressentent un trouble grandissant, comme si une partie de leur passé était absent en elle-même. Elles s’appliquent alors à rechercher dans les archives de la presse locale des traces de leurs présences, vivant toujours dans l’espoir de l’existence de photos prises à leur insu.
Loin de collecter des preuves de leurs existences, les deux héroïnes de Laia Fàbregas sont à la recherche de gages, d’objets photographiques, textuels et vidéographiques dans lesquels elles retrouveraient un sentiment vécu, une expérience partagée. S’il n’y aucun intérêt épistémologique à s’interroger sur l’opportunité de consacrer autant de temps à consulter les données personnelles des autres et à regarder les siennes, il est en revanche important de saisir ce qui peut motiver de tels comportements : entendue comme réponse à la capacité d’enregistrement croissante des machines, la web-intimité permet de décrire un monde où notre manière d’être se caractérise par un attachement à des données qui sont le produit de la manipulation des technologies qui nous accompagnent dans notre vie quotidienne et qui sont le gage de notre rapport au monde [11]. La web-intimité met en jeu des sentiments qui ne sont pas esthétiques mais, comme les désignait Charles Lalo au début du XXe siècle, accessoires : des sentiments qui sont « seulement des accompagnements de la pensée esthétique, qui peuvent être de la plus grande importance dans l’ensemble de notre existence, mais qui sont ni les causes ni les effets de notre contemplation du beau : ils lui sont simplement associés [12] ».

Loin de céder à la panique morale, l’esthéticien, dont la culture héritée se trouve décalée dans la fréquentation de ces pratiques furtives et superficielles nourries de données personnelles et intimes, se doit donc d’éviter de tout admettre ou bien de se retirer de ces mondes de l’Internet. Produit d’une actualisation de l’esthétique à l’heure des humanités numériques, la web-intimité permet de désigner une sensibilité régnante qui s’accomplit dans une imagerie dominante et sans qualité.

par Nicolas Thély

Version imprimable fontsizeup fontsizedown
Pour citer cet article :

Notes

[1] En France, c’est au sein du CNRS et de quelques laboratoires, sous l’impulsion d’ingénieur et d’historien que les humanités numériques ont commencé à se constituer dans le monde universitaire et académique. (www.digitalhumanities.cnrs.fr)

[2] P. Virilio, « Le règne de la délation optique », Le Monde diplomatique, août 1998.

[3] J. Glicenstein, « Le paysage panoptique d’Internet, Remarques à partir de Jeremy Bentham », Revue d’esthétique, n°39, Paris, éditions Jean-Michel Place, 2001, p. 97.

[4] S. Tisseron, L’Intimité surexposée, Paris, Ramsay, 2001, p. 52.

[5] M. Tournier, Journal extime, Paris, La Musardine, 2002.

[6] S. Tisseron, « Les nouveaux visages de l’extimité : l’artiste et le délinquant », Revue ESSE, n°58, Montréal, 2006, p. 5.

[7] Ibid.

[8] Son adresse est : www.camathome.com

[9] Proposition prononcée dans le cadre trois séances du séminaire consacrées aux « formes de la conscience à l’époque de la reproduction » données par Pierre-Damien Huyghe en 2006 à la Maison Populaire de Montreuil (France) : www.maisonpop.net/spip.php ?a...

[10] L. Fàbregas, La Fille aux neuf doigts, traduit du néerlandais par Arlette Ounanian, Arles, Actes Sud, 2010.

[11] Je fais référence aux recherches de Laurent Thévenot qui concernent les modèles d’action, et plus précisément les « régime d’engagement » : « une expression qui désigne autant la dépendance aux personnes qu’aux choses, et qui fait ressortir le gage de cette dépendance. » L. Thévenot, L’action au pluriel, sociologie des régimes d’engagement, Paris, La Découverte, 2006.p. 13.

[12] Ch. Lalo, Les sentiments esthétiques, Paris, Félix Alcan, 1910, p.161.

© Raison-Publique.fr 2009 | Toute reproduction des articles est interdite sans autorisation explicite de la rédaction.

Motorisé par SPIP | Webdesign : Abel Poucet | Crédits