Alors, quelles sont les revendications ?

Et que vont-ils faire maintenant ?

mercredi 30 mai 2012, par Judith Butler

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Traduit de l’anglais par Juliette ROUSSIN.

Judith Butler, « So What Are the Demands ? And Where Do They Go From here ? », Tidal. Occupy Theory Occupy Strategy, n° 2, mars 2012.

Depuis l’apparition du mouvement Occupy sur la scène politique, les critiques et les sceptiques ont demandé en cœur : « Alors, quelles sont les revendications ? » Et, dans les derniers mois, les sceptiques ont demandé si le mouvement n’avait pas perdu de son élan, puisque beaucoup des lieux publics occupés ont été évacués par les forces de police, sur ordre de l’Etat. Considérons d’abord la question des revendications, pour nous tourner ensuite vers celle de la direction que prend à présent le mouvement Occupy.

Si nous réfléchissons à cette première question, nous pouvons constater à quel point est profondément ancrée l’idée que les mouvements politiques, pour valoir comme « politiques », doivent (a) être organisés autour d’une liste concrète et distincte de revendications, et (b) s’efforcer d’obtenir que ces revendications soient satisfaites. Demandons-nous tout d’abord à quelle vision de la politique correspondent de telles hypothèses, et à quelle vision elles ne correspondent pas. En effet, bien que nous considérions comme allant de soi que la politique doit produire une liste de revendications qui peuvent être satisfaites, il ne s’ensuit pas que nous ayons raison de considérer cette version de la politique comme allant de soi, comme le font de toute évidence certains parmi nous. Réfléchissons donc aux éléments qui constituent cette thèse sceptique, et voyons quelle version de la politique celle-ci suppose et promeut. Il nous faudra ensuite nous demander si le genre de politique qu’Occupy mène, non seulement échoue – ou se refuse – à se conformer à cette idée de la politique, mais de plus cherche activement à en instaurer une autre. Commençons donc par deux des pierres d’assise de la position sceptique : (1) des revendications sous forme de liste, (2) des revendications qui peuvent être satisfaites.

1. Les revendications devraient prendre la forme d’une liste. Imaginons que le mouvement Occupy déclare que nous avons trois revendications : (a) la cessation des saisies immobilières, (b) l’effacement de la dette étudiante et (c) la baisse du chômage. D’une certaine façon, chacune de ces revendications entre sans aucun doute en résonance avec ce qu’est Occupy, et les personnes pour qui tous ces problèmes constituent une préoccupation se sont effectivement jointes à Occupy, aux manifestations, avec des pancartes opposées aux saisies immobilières, au surendettement des étudiants, et au taux de chômage. Cette liste de revendications est donc manifestement liée au mouvement Occupy, et pourtant, ce serait une erreur de dire que la signification ou l’effet politique du mouvement Occupy peut parfaitement se comprendre si l’on comprend ces revendications ou même, d’ailleurs, une liste bien plus longue. En premier lieu, une « liste » est une série de revendications, mais elle n’explique pas comment ces revendications sont rattachées les unes aux autres.

Si l’un des objectifs politiques principaux du mouvement est d’attirer l’attention sur les inégalités croissantes de richesse et de leur résister, alors c’est là une réalité sociale et économique qui traverse toutes les revendications spécifiques susceptibles d’être incluses dans une telle liste. Mais cette réalité ne serait pas considérée comme une revendication parmi d’autres. Quel type de langage et d’action permet alors d’attirer l’attention sur une situation d’inégalité croissante, dans laquelle les riches monopolisent une quantité de plus en plus grandes des richesses et où les pauvres sont désormais de plus en plus nombreux ? Ce dernier point est rendu manifeste par chacun des problèmes particuliers dont la liste fait état, liste qui pourrait inclure la décimation des services sociaux, dont le système de santé public et des retraites, l’augmentation du travail « flexible » qui transforme les travailleurs en une population jetable, la destruction d’un système public et abordable d’enseignement supérieur, la surcharge des effectifs dans les écoles primaires et secondaires, les réductions d’impôts en faveur des riches, l’austérité salariale, et le soutien grandissant que le gouvernement accorde à l’industrie pénitentiaire. Nous pouvons établir une telle liste, la compléter, en préciser même le contenu, mais aucun point de la liste ne nous permet d’expliquer ce qui réunit tous ces points sur une même liste. Mais, si nous faisons valoir que chacun de ces problèmes illustre les écarts croissants de richesse et les inégalités qui émergent directement des formes contemporaines du capitalisme, et que, pris ensemble, ils tendent à prouver que le capitalisme suppose et reproduit des inégalités sociales et économiques de ce genre, alors nous énonçons une thèse sur le mode de fonctionnement d’un système, et, plus particulièrement, sur le mode de fonctionnement actuel du capitalisme : les inégalités augmentent, sous des formes nouvelles et dévastatrices, et les autorités étatiques et globales, qui prennent un intérêt direct au bon fonctionnement du capitalisme, laissent ces logiques d’inégalités se développer en toute impunité.

Le sceptique pourrait néanmoins rétorquer la chose suivante : « Mais ne devons-nous pas travailler à chaque problème de façon séparée, afin d’influer réellement sur les conditions de vie des gens ? Si nous nous attelions tous à un certain problème, nous pourrions parvenir à épuiser la liste, en trouvant des solutions pratiques à chaque point y figurant ». Adopter ce point de vue, cependant, c’est maintenir que les points peuvent être séparés les uns des autres. Mais si nous avons besoin de savoir ce qui lie ensemble ces points afin d’apporter une solution à ce problème, alors c’est de notre interrogation sur la nature systémique et historique du système économique lui-même que notre politique dépend.

En effet, si nous comprenons de quelle manière les écarts de richesse (et l’accumulation des richesses entre les mains d’un nombre de personnes toujours plus petit, alors que la pauvreté et la précarité touchent un nombre toujours plus grand de personnes) découlent d’une organisation économique particulière de la société, conçue pour produire des versions toujours plus graves de cette inégalité, alors, pour traiter n’importe lequel des points figurant sur la liste, nous devons comprendre la structure plus large de l’inégalité vers laquelle chaque point fait signe, et nous devons réfléchir à des moyens de protester contre ce régime économique, plutôt que de chercher à apporter des ajustements plus modestes à son fonctionnement. De fait, si nous « réglons » un des problèmes de la liste sans nous confronter à la reproduction de l’inégalité, et si cette inégalité se reproduit de façon toujours aggravée, alors la liste ne fait que s’allonger, même quand nous cherchons à en éliminer un point particulier.

Nous ne pouvons pas régler une forme d’inégalité sans comprendre les tendances plus larges à l’inégalité que nous cherchons à surmonter. En pensant que tous les points peuvent être distingués, nous manquons notre cible et réduisons notre perspective, aux dépens de la justice à la fois sociale et économique. Il est bien sûr possible de travailler à régler l’un de ces points en particulier, tout en luttant pour la fin de la reproduction structurelle de l’inégalité. Mais cela signifie qu’un groupe, une formation politique particulière, doit maintenir le problème de l’inégalité structurelle au centre de l’attention. En pensant qu’il existe des ressources appropriées, à l’intérieur du régime économique actuel, pour régler ces problèmes, nous partons d’un étrange postulat. Nous supposons que le même système qui est à l’origine de l’inégalité commune à tous les points de la liste peut servir de récepteur à nos revendications. Ceci me conduit au second présupposé qui sous-tend le doute du sceptique.

2. Les revendications devraient pouvoir être satisfaites. Ce point semble sans aucun doute raisonnable. Mais celui qui soutient que les revendications doivent pouvoir être satisfaites suppose qu’il existe une personne, ou un pouvoir institutionnel, auquel il serait possible de faire appel pour satisfaire nos revendications. Les négociations syndicales sur fond de menace de grève s’appuient généralement sur une liste de revendications dont la satisfaction permet d’éviter la grève et dont la non-satisfaction signifie son commencement ou sa continuation. Mais lorsqu’une entreprise, un groupe d’entreprises ou un Etat n’est pas considéré comme un partenaire légitime de négociation, cela n’a aucun sens d’en appeler à son autorité pour négocier un accord. En réalité, en référer à cette autorité pour la satisfaction de la revendication reviendrait à lui attribuer une légitimité. La formulation de revendications pouvant être satisfaites dépend donc fondamentalement de la légitimité qu’on attribue à ceux qui ont le pouvoir de satisfaire les revendications. Et lorsque l’on cesse d’adresser des revendications à ces autorités, comme il arrive lors d’une grève générale, alors c’est l’illégitimité de ces autorités qui est mise en lumière. C’est là une des contributions importantes de Gayatri Chakravorty Spivak à Occupy Theory [1].

Mais si les institutions actuelles sont les complices du régime économique qui repose sur, et renforce, la reproduction de l’inégalité, alors on ne peut faire appel à ces institutions pour mettre un terme aux conditions de l’inégalité. Un tel appel se mettrait en échec en cherchant à se formuler. Pour le dire simplement, l’appel ou la revendication qui chercherait satisfaction auprès de l’État actuel, des institutions monétaires internationales, ou des groupes d’entreprises nationaux ou transnationaux, aurait pour effet de donner plus de pouvoir aux sources mêmes de l’inégalité, et se ferait en cela le complice de la reproduction de l’inégalité elle-même. En conséquence, d’autres stratégies sont requises, et ce à quoi nous assistons aujourd’hui avec le mouvement Occupy est précisément le développement d’un ensemble de stratégies qui attirent l’attention sur la reproduction de l’inégalité et s’y opposent.

Peut-être l’idée de présenter des « demandes impossibles » équivaut-elle aux yeux du sceptique à quitter le champ du politique lui-même. Mais une telle réponse devrait attirer notre attention sur le fait que le champ du politique a été constitué de façon à ce que les revendications en mesure d’être satisfaites deviennent la marque de son intelligibilité. Pourquoi, autrement dit, en sommes-nous venus à accepter que la seule politique qui ait un sens soit celle dans laquelle un ensemble de revendications sont adressées aux autorités existantes, et que ces revendications isolent les occurrences de l’inégalité et de l’injustice les unes des autres sans percevoir ni créer de liens entre elles ? Il est visible que la restriction de la politique à une liste de revendications pouvant être satisfaites cantonne en conséquence le champ de la politique aux systèmes électoraux contemporains, dont le fonctionnement repose sur l’hypothèse qu’aucun changement radical dans le régime économique n’est négociable. Ainsi, quel que soit ce qui est négocié, quelque revendication qui soit satisfaite, cela n’aura pas d’incidence sur ce qui est non-négociable, c’est-à-dire, sur la reproduction d’un régime économique qui engendre des inégalités à un train alarmant. On pourrait dire que la politique particulière qui définit la politique réalisable et intelligible par la production et la satisfaction d’une liste de revendications discrètes est par avance attachée à la légitimité des structures économiques et politiques existantes, et au refus du caractère systématique de l’inégalité.

Comme nous pouvons le constater, un des moyens privilégiés par lesquels les régimes actuels de pouvoir maintiennent leur légitimité consiste à discréditer et à rejeter toutes les formes de résistance politique populaire qui mettraient leur propre légitimité en question. Il est dans leur propre intérêt d’écarter le mouvement Occupy comme « apolitique ». En ce moment, elles tentent de maintenir leur monopole sur le discours du politique, de définir et de contrôler, en d’autres termes, le pouvoir de produire le discours décrétant qui fait sens, qui agit de façon véritablement politique, et qui « dépasse les bornes », « se fourvoie », et est « irréaliste ».

La révolte qui met en cause ces stratégies d’autolégitimation nous rappelle qu’une forme de gouvernement ou de pouvoir démocratique dépend de la volonté populaire du demos, du peuple. De quel recours les gens disposent-ils lorsque les institutions qui sont censées les représenter de façon égale sur le plan politique, leur offrir les conditions d’un travail acceptable, protéger les bases du système de santé et d’éducation, et respecter les droits fondamentaux à l’égalité, finissent par distribuer ces ressources et ces droits fondamentaux de manière inégale et illégitime ? Dans une telle situation, d’autres moyens de réaliser l’égalité se font jour, le rassemblement dans la rue ou sur internet, la constitution d’alliances, qui témoignent de l’écho, du recoupement, et des liens plus profonds qui existent entre tous les points figurant sur la liste des injustices contemporaines.

Aucun régime politique ou économique ne peut prétendre à la légitimité démocratique quand il échoue à représenter également les personnes. Et lorsque cette inégalité devient générale, et est tenue pour un fait irréversible de la vie économique, les personnes qui en sont les victimes s’allient pour agir et réclament l’égalité. Certains pourraient objecter que l’égalité radicale est impossible. Quand bien même cela serait vrai – et il n’y a aucune bonne raison d’accepter cette proposition d’emblée – il n’est pas possible de penser la démocratie sans un idéal d’égalité radicale. L’égalité radicale est donc une revendication, mais celle-ci n’est pas adressée aux institutions qui reproduisent l’inégalité. Elle s’adresse au peuple lui-même, dont la tâche historique est la constitution de nouvelles institutions. L’appel s’adresse à nous-mêmes, et c’est ce nouveau « nous » qui se forme, de manière épisodique et globale, à chaque action et manifestation. Ces actions ne sont en aucune façon « apolitiques ». Elles prennent pour cible une politique qui offre des solutions pratiques au détriment du traitement de l’inégalité structurelle. Et elles nous rappellent que toute forme de politique gagne et perd sa légitimité selon l’égalité qu’elle accorde aux gens qu’elle est dite représenter. Autrement, elle n’est pas représentative et détruit par là sa propre légitimité aux yeux du peuple. Par la manifestation, par l’action, les gens en viennent à se représenter eux-mêmes, incarnant et donnant vie aux principes d’égalité qui avaient été réduits à rien. Abandonnés par les institutions existantes, ils s’assemblent d’eux-mêmes au nom d’une égalité sociale et politique, donnant voix, corps, mouvement et visibilité à une idée du « peuple » qui est généralement divisé et effacé par le pouvoir en acte.

Vers quoi se dirige donc le mouvement Occupy à présent ? Pour répondre à cette question, il nous faut d’abord demander : « Qui pose la question ? » Et aussi : « Sous quelle forme cette question se présente-t-elle ? » Une chose est claire dès le départ : ce n’est pas la tâche des intellectuels que de poser et de répondre à cette question. Une raison à cela est que les intellectuels n’ont pas le don de prescience et que la théorie ne peut avoir pour fonction de prescrire leurs actions à ceux qui sont avant tout engagés en tant que militants. Mettons d’ailleurs toute cette distinction de côté, puisque les militants sont très souvent des théoriciens, et que les théoriciens aussi sont parfois engagés dans des formes de militantisme dont la théorie n’est pas l’affaire essentielle. Le mieux que nous puissions faire est de rechercher ce qui est en train de se produire, comment cela affecte les gens, et quels effets cela a. Et ce que nous constatons immédiatement, je pense, c’est que le mouvement Occupy a plusieurs centres, que ses actions publiques sont épisodiques, et que de nouvelles formes d’efficacité sont de plus en plus visibles. Par « efficacité », je ne veux pas dire que les revendications sont formulées et satisfaites, mais que les mobilisations augmentent en nombre et font leur apparition dans des lieux géopolitiques nouveaux. Tandis que les élections américaines dominent les médias d’information, il demeure évident qu’une large part de la population a le sentiment que ses préoccupations ne sont pas prises en considération par la politique électorale. Occupy continue donc de définir comment la volonté populaire veut que se déroule un mouvement politique qui excède la politique électorale. Par là, la prétention « représentative » de la politique électorale est un peu plus mise en crise. Peu de choses seraient plus importantes que de parvenir à montrer que la politique électorale dans son organisation actuelle ne représente pas la volonté populaire – et que sa légitimité même est mise en crise par cette divergence entre la volonté démocratique et les institutions électorales.

Il est peut-être encore plus important, toutefois, qu’Occupy mette en cause l’inégalité structurelle, le capitalisme, et les lieux et pratiques spécifiques qui illustrent la relation entre le capitalisme et l’inégalité structurelle. Si Occupy a attiré l’attention sur des formes d’inégalité structurelle qui affectent un certain nombre de groupes d’entreprises et d’institutions étatiques, et qui, inversement, affectent la population en général en tant qu’elle tente de répondre aux besoins élémentaires de l’existence (un toit, de la nourriture, des soins, un emploi), alors le mouvement a certainement attiré l’attention sur ce système économique général qui repose sur l’inégalité et la produit avec une intensité croissante.

Nous pouvons discuter de la question de savoir si le capitalisme est un système, une formation historique, si ses versions néolibérales diffèrent substantiellement du capitalisme qu’a critiqué Marx au 19e siècle. Il s’agit là de débats importants, et les universitaires devraient assurément envisager d’y consacrer leur attention. Mais la question du présent historique du capitalisme demeure, et Marx lui-même nous dit que nous devons prendre pour point de départ le présent historique. Quels sont les institutions et les services publics particuliers qui précipitent toujours plus de personnes dans des situations de précarité, quels sont les groupes d’entreprises dont les pratiques d’exploitation ont fortement détérioré la vie active, les conglomérats de la santé qui tirent profit de la maladie et qui refusent d’offrir des services de soin appropriés, les institutions publiques que l’on a ou bien démantelées, ou bien subordonnées à des logiques d’entreprise et au calcul du profit ? Paradoxalement, Occupy doit de toute urgence agir de façon épisodique pour cibler et mettre en lumière ces lieux de l’inégalité, trouver leurs visages et instances publics et faire cesser ou interrompre ces processus par lesquels l’inégalité et la précarité croissante sont reproduites.

Je ne pense donc pas que nous n’ayons plus qu’à pleurer la perte de Zucotti Park et des autres espaces publics où Occupy s’était installé. Peut-être faut-il promouvoir le squat comme forme de protestation publique, même si celle-ci demeure épisodique et ciblée. Paradoxalement, on ne peut attirer l’attention sur l’inégalité radicale qu’en mettant en évidence les lieux où l’inégalité est reproduite. Cela doit être fait en relation avec les centres de pouvoir des entreprises ou de l’Etat, mais aussi, précisément, sur les lieux de la « prestation de service » – les organismes de soins privés qui n’assurent pas ces soins, les banques qui exploitent les épargnants, les universités qui deviennent les instruments du profit. Ce ne sont là que des exemples parmi beaucoup d’autres. Mais si Occupy est épisodique, alors sa cible n’est pas connue d’avance. Et si le mouvement prend pour cible le chômage, à un endroit, le logement inabordable à un autre, et à un troisième la perte des services publics, alors, avec le temps, il permet de se faire une idée de la façon dont le capitalisme se situe concrètement dans des institutions et dans des lieux. Quelles que soit les objections que nous avons à énoncer contre l’inégalité structurelle et contre un « système » qui tire profit de sa propre reproduction, nous devons nous concentrer sur les cas concrets dans lesquels se produit cette inégalité. Que nous ne restions pas au même endroit n’est donc pas à déplorer. Si nous sommes en mouvement, c’est que nous traquons, sous des formes collectives, les lieux de l’injustice et de l’inégalité, et la piste que nous traçons devient la nouvelle carte du changement radical.

par Judith Butler

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Pour citer cet article :

Notes

[1] Gayatri Chakravorty Spivak est une philosophe politique et éthique qui contribue comme Judith Butler au journal Tidal. L’article auquel il est fait référence ici s’intitule « General Strike ». [NdT]

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